Il est onze heures du soir ou cinq heures du matin. On frappe à votre porte, vous ouvrez, votre chambre se remplit d'une escouade de spadassins, l'ordre est précis, la résistance
est superflue; on écarte de vous tout ce qui pourrait vous servir d'armes; et l'exempt, qui n'en vantera pas moins sa bravoure, prend jusqu'à votre clavier d'ordinateur pour un pistolet.
Le lendemain, un voisin qui a entendu du bruit dans l'immeuble demande ce que ce pouvait être: "Rien, c'est un homme que la police a fait enlever. - Qu'avait-il fait ? - On n'en sait rien; il a
peut-être assassiné ou poster des messages sur un blog suspect. - Mais, monsieur, il y a quelques différences entre ces deux délits.- Cela se peut; mais il est enlevé."
On vous a arrêté, mais on ne vous a point montré l'ordre: on vous a mis dans un fourgon cellulaire, vous ingnorez le lieu où l'on va vous conduire; vous irez visiter les murs et les cachots, ou
de la Santé, ou de Fleury-Mérogis ou du nouveau centre pénitentiaire de l'île Seguin, en capacité d'accueillir 11.000 détenus.
D'où part la décision de mise sous écrous ? Vous ne pouvez le deviner au juste. Depuis la déclaration de l'état d'urgence et l'adoption des lois liberticides, la procédure d'instruction dans les
cas de diffusion de messages séditieux sur internet est entièrement automatisée jusqu'à la comparution du prévenu devant le tribunal.
Inutile de préciser que ce que j'écris sur ce blog est surveillé, contrôlé, trituré et peut à tout moment me conduire au cachot pour une durée indéterminée...
Dès les années 2000, les régimes autoritaires de la planète se dotent d'unités spéciales chargées de surveiller et de censurer les échanges d'informations sur le web. En République Populaire de Chine, la police de l'Internet, dont les effectifs sont évalués à plus de 40.000 hommes, est chargée de traquer les cyberdissidents qui diffusent sur leurs sites ou leurs blogs des propos réactionnaires et droits-de-l'hommistes. Plus grave, le contrôle de l'internet mis en place par le gouvernement chinois l'a été avec le concours des grands prestataires de services en ligne américains, Google, Yahoo ou Microsoft qui ont accepté de conclure un "pacte d'autodiscipline" permettant de bloquer l'accès aux sites jugés subversifs, et surveiller le contenu des messages. A cette époque, les gouvernements occidentaux se dotent eux-mêmes de services spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité et la pédophilie via internet. Mais la liberté d'expression sur le net reste encore la règle dans le camp des démocraties.
La compétition sportive telle que je la conçois (dire qu'il a fallu attendre 2014 pour qu'Endemol produise la première chasse à l'homme-live, diffusée dans l'émission "Les Chasses du Comte Tzaroff" sur Tv-Sat!!!) :
Bien que le rationnement des produits alimentaires ne soit pas encore à l'ordre du jour, il est devenu quasiment impossible de se procurer des
fruits et légumes frais en région parisienne, même en acceptant de payer un prix exorbitant après avoir fait plusieurs dizaines de kilomètres en RER pour écumer dès potron minet les
marchés proches de Rungis. La réglementation sanitaire applicable à la commercialisation de produits frais étant par ailleurs devenue excessivement drastique, les producteurs sont
de plus en plus encouragés à alimenter une contrebande, organisée par la pègre, dont bénéficient au final les couches les plus aisées de la population au détriment du plus grand nombre
contraint de se rabattre sur la nourriture industrielle.
Inutile de décrire les méthodes expéditives employées par ladite pègre pour recouvrer ses créances (cf photo après m'être entendu réclamer le règlement de deux batavias que j'avais, il est vrai,
quelque peu différé).
Qu'il paraît loin le temps où les étals de nos marchés croulaient sous l'abondance de primeurs colorés...l'époque est désormais à la pénurie et au marché noir.
Voilà, c'est fait...après bien des hésitations, et mesurant pleinement les risques auxquels je m'expose ce faisant, j'ai pris la
décision d'ouvrir ce journal afin d'y consigner les réflexions que m'inspirent mes contemporains après tant et tant d'années passées à tenter de comprendre par quelles aberrations nous en sommes
arrivés à la situation actuelle...
C'est amusant, j'ai retrouvé récemment en naviguant dans ma bibliothèque numérique, la photographie de Nicolas Sarkozy, en vacances aux Etats-Unis...le fichier indique
que la photographie a été prise en 2007. Je ne me souviens pas avoir voté pour ce personnage lors des élections présidentielles qui précédèrent de peu ce cliché, mais il me semble qu'il avait été
élu avec une confortable avance sur son challenger socialiste. C'est, je crois, la première fois que les magazines publiaient l'image d'un chef d'Etat Français, torse nu, furibard, lunettes de
soleil et hâle de businessman ukrainien passant ses vacances à Odessa ou sur la Côte d'Azur...Quelques années auparavant, son prédécesseur avait été surpris par un paparazz(o)i dans son plus
simple appareil sur une terrasse du Fort de Brégançon mais les clichés avaient été aussitôt confisqués par les renseignements généraux. Je crois qu'à cette époque, nous ne croyions déjà
collectivement plus dans la capacité des hommes politiques à changer le monde dans lequel nous vivions.
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